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Propos recueillis en mai 2019

Valentin sicot

Il est le benjamin de l’équipe. Valentin a longtemps rêvé à travers les exploits sportifs des grands cyclistes vendéens. À 17 ans, il est membre de l’équipe professionnelle Cofidis, et Champion de France 2018 du contre-la-montre. Rencontre avec un jeune sportif, des étoiles plein les yeux et une détermination sans faille. Aujourd’hui, entre admiration et ambition, Valentin vit ses propres rêves !

Sa devise :
« Ne jamais rien lâcher.
Si j’avais lâché le vélo à la première
course perdue, je n’aurai jamais pu
vivre les moments que je vis avec
Cofidis et avec mes proches »

Quel est ton principal trait de personnalité ?
Je suis persévérant, méticuleux et organisé. J’aime que les choses soient bien faites !
Pendant les entrainements, je ne suis jamais approximatif, je vais jusqu’au bout du programme à la minute près. Sur les courses aussi, il y a des détails que je préfère faire moi-même, comme par exemple : accrocher moi-même mon dossard pour qu’il ne dépasse pas ! Et puis la persévérance, c’est important sur le vélo. Pour progresser, il ne faut pas rester sur ses acquis.

Quel est ton héros ?
Thomas Voeckler. Sur l’étape du Galibier en 2011, il défend son maillot jaune jusqu’aux 4 dernières secondes qui le séparent encore de Schleck. Quand je revois ces images, ça me donne envie de me surpasser.

Quel est ton plus beau moment de course ?
Mon titre de Champion de France du contre-la-montre l’année dernière. Le premier titre c’est toujours le plus beau, non ? Je franchis la ligne en pensant être à la 3e place, et je ne découvre le classement qu’à la fin : c’est une vraie surprise ! J’étais super fier de ma progression sur le contre-la-montre. Et puis être Champion de France, c’est un honneur. On ne sait jamais, mais je ferai tout pour que ça se reproduise !

QUELS SONT TES MOTEURS ?
J’ai commencé à faire du vélo étant petit avec mon père, qui me suit toujours et m’encourage tous les dimanches sur les courses valides, parce que je n’ai pas encore le permis de conduire. Il est présent autant que possible sur les courses handisport aussi.
Je suis vendéen et j’avais les posters de nos coureurs régionaux. Les exploits de Thomas Voeckler et de Pierre Rolland sur le Tour de France 2011 m’ont donné envie de me lancer dans la compétition. Je me suis inscrit en club en 2012, et j’ai commencé les courses. Le Tour de France, ça fait rêver tout le monde, et voir une équipe vendéenne rouler à un tel niveau sur cette course, ça donne vraiment envie. Tu sais que ces garçons s’entrainent pas très loin de chez toi… Alors s’ils le peuvent, pourquoi pas moi ?
Après une année de stage pour découvrir l’équipe handisport et son fonctionnement, j’ai intégré l’équipe professionnelle Cofidis. Cette année, ils ne me mettent pas trop la pression, mais c’est à moi de faire mes preuves ! Mon objectif c’est la Coupe et les Championnats de France qui auront lieu cet été. Pour l’instant, j’ai la forme et je suis en tête des premières manches de la Coupe de France. Je participe aussi à des courses avec des valides et j’arrive à suivre le peloton et faire des sprints à la fin. Ça me paraît de bon augure pour les prochaines courses. Dans quelques temps, je disputerai une épreuve de Coupe d’Europe que j’aimerai bien gagner, pour montrer que j’ai aussi une place à prendre à l’international. Je voudrais me préparer pour une Coupe du Monde l’année prochaine et performer ensuite au plus haut niveau.
Ma discipline préférée c’est le contre-la-montre. Sur une course en ligne il y a toujours des paramètres qui t’échappent. Sur le contre-la-montre si ça ne marche pas, ça ne peut-être que de ta faute. C’est toi-même contre le temps et il faut tout donner à la fin !

« Allez découvrir une compétition de handisport,
et rencontrer des sportifs
qui se surpassent,
sans se vanter. »

ÇA TIENT À QUOI UNE ÉQUIPE ?
C’est grâce à mon entraineur personnel, Denis Guillloton, que j’ai pu progresser à ce point.
Quand j’ai démarré le vélo avec mes copains, tous les dimanches je finissais avant-dernier de la course. Mais avec mon petit groupe, je me suis toujours accroché aux entrainements.
Je n’aurai jamais pensé pouvoir intégrer une équipe comme Cofidis ! Ça fait toujours plaisir de côtoyer les champions qui en font partie, et qu’on a admiré à la télé. J’y apprends à me professionnaliser, à mieux gérer mes programmes de nutrition ou de récupération. Je suis le plus jeune de l’équipe. J’apprends à me canaliser et à lire la course : c’est pas tout d’appuyer sur la fourche, il faut aussi réfléchir ! C’est pas parce qu’on est le plus fort au départ qu’on est forcément gagnant à l’arrivée. Il faut savoir être malin !
Je retrouve l’équipe Cofidis deux fois dans l’année en décembre et en janvier. Je pensais que l’équipe handi serait d’un côté et l’équipe valide de l’autre. Mais tout le monde se mélange et se côtoie, il n’y a pas d’inégalités entre nous.

LE HANDISPORT, ÇA CHANGE QUOI ?
J’ai une hémiplégie du côté droit. Je ne peux pas me servir totalement de ce côté et il y a des mouvements que je ne peux pas faire, parce que mes muscles sont atrophiés. J’ai aussi beaucoup moins d’équilibre qu’une personne valide. Faire du sport me permet de renforcer ma musculature et de préserver mes membres. Sur mon vélo, on a inversé les freins ainsi que le système de vitesse qui est électrique.
Quand j’ai commencé le vélo en club en 2012, ce n’était pas tellement pour les résultats, parce qu’il n’y en avait pas trop… il fallait garder le mental ! Mais j’oubliais un peu mon handicap, et surtout je me sentais égal aux autres. Et puis à force de me prendre des claques, j’ai voulu voir autre chose. En 2017 j’ai rejoint un club handisport en Vendée. Là j’ai découvert le monde handisport, et ça m’a permis de m’épanouir. Au club handisport, j’ai pu vraiment m’exprimer. J’ai rencontré d’autres sportifs avec des handicaps différents, sans que personne ne se lamente sur son sort. Moralement j’ai eu un déclic et les résultats se sont enchainés.

À QUOI RESSEMBLE TA VIE DE CYCLISTE PROFESSIONNEL ?
Les journées sont chronométrées entre les entrainements, les repas et les cours. Il faut s’avancer le plus possible pour que tout rentre dans une journée. Je fais du renforcement musculaire et des étirements au moins une fois par semaine, et l’hiver on accentue la musculation des jambes.
Et je suis aussi étudiant en BAC Pro Commerce. Les études sont très importantes pour les sportifs handicapés, parce que nous ne sommes pas payés pour nos participations aux courses, et ce n’est pas facile de trouver des sponsors. Plus tard, j’espère pouvoir poursuivre les compétitions sportives et travailler dans un atelier mécanique de vélo.

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