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Propos recueillis en mars 2019

Katell alençon

Rencontre avec Katell lors de son stage de préparation avant les Championnats du Monde sur piste.
Portrait d’une championne attentionnée, qui entre deux compétitions entraine aussi les jeunes de son club, le Vélo Sport Drennecois (VSD). Katell vit le cyclisme avec une passion débordante, aussi bien sur les courses qu’entre amis : « il n’y a que des bons moments sur le vélo ! ».
Sa devise :

« L’important n’est pas
de guérir mais d’apprendre
à vivre avec ses maux »

Quel est ton principal trait de personnalité ?
Je ne baisse pas les bras facilement !
Ce trait de caractère s’est amplifié avec la maladie sans doute, mais depuis toute petite je veux toujours aller à fond dans tout ce que je fais. Je suis une fonceuse. Je ne conçois pas de faire un sport juste comme ça pour m’amuser. Il faut vraiment qu’il y ait de la compétition, des objectifs pour avancer et progresser.
« J’ai besoin d’adversaires ! »

Quel est ton héros ?
Sans être fan, il y a plein de sportifs que j’admire, quelle que soit leur discipline, parce que ce sont de grands champions. « Un grand champion, c’est la personne qui est capable d’aller très très loin dans l’effort, capable de se mettre dans un état second pour gagner la médaille à la fin ». C’est quelqu’un qui se respecte et qui a une hygiène de vie irréprochable.

Quel est ton plus beau moment de course ?
La première fois que j’ai mis la tenue de l’équipe de France pour mes premiers championnats du monde a été particulièrement importante. Le résultat n’a pas été super…mais cette première fois en bleu blanc rouge, c’était chouette.
Et puis les Jeux Paralympiques ! Rentrer dans l’arène lors de la cérémonie d’ouverture avec toutes les télés du monde autour, ça fait des souvenirs inoubliables.

Ça change quoi d’être une femme en compétition sportive ?
« Très sincèrement pour moi, qu’un sportif soit une fille ou un garçon c’est pareil ». Je m’entends aussi bien avec les filles qu’avec les gars, et je respecte de la même manière tous mes partenaires.
Chaque personne, quelle qu’elle soit, est d’abord un individu. Cela dit j’aimerais bien qu’il y ait plus de filles dans le club ! Quand on est une femme dans un milieu d’hommes il faut s’affirmer tout le temps, et ne pas se laisser marcher sur les pieds. Et ce n’est pas un problème pour moi, parce que je suis du genre à ne pas me laisser marcher dessus !

Comment es-tu devenue une championne ?
Avant ma maladie, j’avais une vie très métro / boulot / dodo. Le sport de haut niveau n’était pas un rêve en soi.
Au début j’avais juste besoin de me prouver à moi-même que je n’étais pas finie en reprenant le sport. Je voulais prouver aux autres aussi que, malgré le handicap, j’étais capable de faire les choses. Et puis je me suis prise au jeu. Je me suis présentée aux premières compétitions et ça s’est bien passé. Je suis cycliste professionnelle depuis 4 ans maintenant, et j’ai encore beaucoup de boulot devant moi pour m’améliorer, pour dépasser les filles, et arriver au moins jusque Paris 2024.

« Le problème n’est
pas le handicap, c’est
l’image qu’on en a ! »

Le cyclisme pour moi c’est un sport de compétition qui exige beaucoup de rigueur et beaucoup de passion. J’aime tout dans le monde du cyclisme ! J’adore aller rouler dehors. J’adore aller au-delà de mes capacités physiques, toujours plus vite, toujours plus loin, cette adrénaline en descente, toute la vitesse de déplacement, c’est particulier… Je fais de la route et de la piste, avec une préférence pour la route. Mais la piste est un bon outil pour progresser en technique et en force, et puis c’est un travail de sprinter, important pour développer d’autres capacités physiques. Et c’est aussi sympa l’hiver quand il fait vraiment froid dehors d’être plus au chaud à l’intérieur !

Ça représente quoi pour toi l’esprit d’équipe ?
Quand je gagne, je remporte une victoire pour moi et je la partage avec mes partenaires. L’équipe nous rend plus fort. Dans une semaine je participerai aux Championnats du Monde, du 14 au 17 mars, mais ce n’est pas sur la piste que je vais faire les meilleurs résultats. J’ai plus d’objectifs sur la route pour les Coupes du Monde de mai. Là on va essayer d’accrocher les podiums et de faire au mieux. Si on a la chance de faire plusieurs podiums en Coupe du Monde, on aura bien montré les couleurs de l’équipe. C’est vrai que je ne cours pas avec mes coéquipiers. On n’est pas une équipe sur les épreuves, par contre on est une équipe à côté. Chacun a ses objectifs personnels, mais on est soudés. C’est une deuxième famille pour moi, on se soutient, on se motive, on s’encourage.

Comment tu gères ton handicap ?
Pour chaque sport j’ai une prothèse adaptée. J’ai donc plein de jambes à la maison ! On a des prothésistes qui travaillent avec nous, et qui bossent vraiment bien pour adapter le matériel à nos sensations. Sans eux on n’irait vraiment pas loin ! Mon vélo lui n’a rien de particulier. Je participe donc souvent à des courses valides.
Au début les gens ont juste peur de la différence. Les organisateurs craignent que je sois un danger pour les autres, et c’est compliqué de s’intégrer. Je dois faire mes preuves pour montrer que je ne suis pas plus dangereuse que n’importe qui d’autre. « Le problème c’est pas le handicap. Le problème c’est l’image qu’on en a. » Tout le monde connaît des limites personnelles, qu’elles soient physiques ou mentales. Nos limites à nous, elles sont physiques, et elles se voient. On nous a rajouté une prothèse compensatoire pour avancer, c’est tout. On est des sportifs normaux et puis on a un handicap.
Moi aujourd’hui je ne me sens pas différente des autres. Mon handicap n’est pas un frein !

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